Depuis 2022, les signalements d’infestations de punaises de lit en Belgique ont plus que triplé. Voici ce que disent les chiffres, pourquoi, et ce que ça change concrètement pour les particuliers et professionnels.
La hausse en chiffres
Les professionnels de la désinsectisation en Belgique rapportent une augmentation moyenne de +180 % des demandes d’intervention entre 2021 et 2025. Bruxelles et Liège sont particulièrement touchées, suivies de Charleroi, Namur et Mons.
À l’échelle européenne, les grandes capitales (Paris, Londres, Amsterdam) connaissent des évolutions similaires — un phénomène structurel.
Les causes principales
1. Reprise intensive des voyages depuis la fin de la pandémie (2022). Les punaises circulent avec les bagages.
2. Résistance croissante aux insecticides. Des études européennes montrent que les populations urbaines de punaises ont développé une résistance à plusieurs familles de pyréthrinoïdes utilisés pendant des décennies.
3. Airbnb et locations courtes. Turnover élevé, absence de protocole systématique dans les petites structures.
4. Manque de formation. Beaucoup de petits prestataires appliquent encore des protocoles obsolètes qui ne fonctionnent plus sur les souches résistantes.
Les zones à risque en Belgique
- Bruxelles : densité urbaine, tourisme, Airbnb, multinationales en rotation
- Liège : étudiants internationaux, proximité Allemagne/NL
- Charleroi : logements collectifs, densité
- Namur/LLN : concentration étudiante, rentrée = pic d’infestations
- Côte belge en été : turnover touristique intense
Ce que ça change pour les particuliers
- Vigilance accrue après tout voyage (même weekend européen)
- Précautions renforcées sur les achats d’occasion
- Traitement pro plus vite : le DIY marche de moins en moins contre les souches résistantes
- Prévoir le budget : compter 300–800 € en moyenne pour un traitement complet
Ce que ça change pour les pros
- Hôtellerie : la détection précoce n’est plus une option. Un contrat de prévention devient une police d’assurance essentielle
- Syndics : les plans de gestion punaises sont de plus en plus demandés en AG
- Bailleurs : attention aux litiges avec locataires — documenter systématiquement l’état des lieux
Nos recommandations
- Ne pas attendre au premier signe. Le coût augmente vite
- Privilégier les méthodes modernes (thermique) face aux souches résistantes
- Documenter avec rapports pros si vous êtes locataire ou bailleur
- Former votre personnel si vous êtes dans l’hôtellerie ou la location
La hausse est réelle et structurelle. La bonne nouvelle : les techniques de traitement ont aussi progressé, notamment le thermique qui règle la question des souches résistantes.